23.7.08
22.7.08
extases
seules quelques personnes très sensibles pourront comprendre l'extase qui je connus de façon répétée en cette journée. ce matin, marchant tranquillement dans la rue, j'ai dégainé un paquet de granola, que j'ai savouré en évitant le soleil déjà chaud du matin (car chocolat et soleil, à l'instar de peau et soleil, ne sont pas amis tendres et chers).
arrivée au labo, j'ai ouvert le gros carton arrivé il y a peu, et découverte mon imac. je n'aime pas faire de pub, mais si on n'appelle pas un imac un imac, on ne peut pas comprendre ce qu'il y a de jouissif dans son déballage. je passe les détails techniques initiaux, pour parler du transfert de mes données, qui s'est fait sans y penser, grâce à un petit fil fire wire. le nouvel imac (gudule pour les intimes) a avalé toutes les données de shubaka (un gentil mac book pro très méritant). puis il a régurgité tout = connexion réseau déjà prête, tous les mots de passe et les identifiants de tous les sites oueb, mon livre d'adresses, mon calendrier, mes préférences. j'ai devant les yeux un jumeau un peu plus rapide. j'ai en plus, sachant que je ne veux pas me la jouer exhaustive car les forums sont là pour ça : leopard. et leopard, ça veut dire qu'on voit l'intérieur des fichiers sans les ouvrir, avec mail on peut faire des notes et des tâches comme un bloc-note, mais dans un des lieux qu'on fréquente en général assidûment (le mail). soudain, un nouvel espace quotidien, encore plus évident et ergonomique, s'ouvre à moi, tandis que plusieurs personnes que je connais tentent de revendre leur ordinateur sous vista, dégoûtés qu'ils sont de ne pouvoir utiliser une quelconque application.
alors, bien qu'il y ait des inégalités palpables dans ce monde, je suis joyeuse.
alors j'écris des messages insipides, mais qui me font oublier le monde pourri de la politique française et mon président qui n'a pas peur de se transformer en honte historique sur trois générations (après il sera largement oublié).
arrivée au labo, j'ai ouvert le gros carton arrivé il y a peu, et découverte mon imac. je n'aime pas faire de pub, mais si on n'appelle pas un imac un imac, on ne peut pas comprendre ce qu'il y a de jouissif dans son déballage. je passe les détails techniques initiaux, pour parler du transfert de mes données, qui s'est fait sans y penser, grâce à un petit fil fire wire. le nouvel imac (gudule pour les intimes) a avalé toutes les données de shubaka (un gentil mac book pro très méritant). puis il a régurgité tout = connexion réseau déjà prête, tous les mots de passe et les identifiants de tous les sites oueb, mon livre d'adresses, mon calendrier, mes préférences. j'ai devant les yeux un jumeau un peu plus rapide. j'ai en plus, sachant que je ne veux pas me la jouer exhaustive car les forums sont là pour ça : leopard. et leopard, ça veut dire qu'on voit l'intérieur des fichiers sans les ouvrir, avec mail on peut faire des notes et des tâches comme un bloc-note, mais dans un des lieux qu'on fréquente en général assidûment (le mail). soudain, un nouvel espace quotidien, encore plus évident et ergonomique, s'ouvre à moi, tandis que plusieurs personnes que je connais tentent de revendre leur ordinateur sous vista, dégoûtés qu'ils sont de ne pouvoir utiliser une quelconque application.
alors, bien qu'il y ait des inégalités palpables dans ce monde, je suis joyeuse.
alors j'écris des messages insipides, mais qui me font oublier le monde pourri de la politique française et mon président qui n'a pas peur de se transformer en honte historique sur trois générations (après il sera largement oublié).
29.5.08
pourquoi faux ?
Parce que la traduction stupide et directe qui veut que le rythme du haiku soit 5-7-5 n'a aucune raison de s'adapter au français, traduction sans finesse d'un rythme japonais, mais que je me laisse quand même influencer.
Parce que les indications relatives à la saison, quand on habite au centre de Marseille, ne sont pas évidentes à percevoir. Saisons peu marquées du sud-est, grosse agglomération sans espaces verts et changement global, tout masque la cyclicité annuelle de notre vie. On verra que le remplissage des terrasses est un des bons indicateurs de la période, pas très buccolique.
Parce que les indications relatives à la saison, quand on habite au centre de Marseille, ne sont pas évidentes à percevoir. Saisons peu marquées du sud-est, grosse agglomération sans espaces verts et changement global, tout masque la cyclicité annuelle de notre vie. On verra que le remplissage des terrasses est un des bons indicateurs de la période, pas très buccolique.
28.5.08
10.5.08
quand on est médecin
Quand on est médecin, il faut supporter
les plaies, le sang, les boutons, les organes génitaux (parfois infectés), les membres arrachés (ou autre partie manquante), les malformations, les dents cassées, les yeux crevés, l'haleine fétide, les corps mal lavés, les sécretions giclantes et suintantes, les cheveux filasses des vieux et des bébés, le caca des bébés et des vieux, les ulcères, les bosses au niveau des articulations, les goitres, les champignons entre les orteils, le prurit, l'eczema, les maladies dégénérescentes, les yeux qui louchent
mais aussi
les pleurs des familles, le regard du patient face à l'annonce de..., les petites vieilles qui squattent la salle d'attente, les chers confrères, les représentants pharmaceutiques, les nouvelles règles de la sécu, les déments, la sagesse de l'enfant en fin de vie, la surdité qui force à répéter, les cas sociaux qui ne peuvent jamais payer
et enfin
l'erreur médicale, l'appât du gain, la mort
c'est certainement un métier intéressant.
les plaies, le sang, les boutons, les organes génitaux (parfois infectés), les membres arrachés (ou autre partie manquante), les malformations, les dents cassées, les yeux crevés, l'haleine fétide, les corps mal lavés, les sécretions giclantes et suintantes, les cheveux filasses des vieux et des bébés, le caca des bébés et des vieux, les ulcères, les bosses au niveau des articulations, les goitres, les champignons entre les orteils, le prurit, l'eczema, les maladies dégénérescentes, les yeux qui louchent
mais aussi
les pleurs des familles, le regard du patient face à l'annonce de..., les petites vieilles qui squattent la salle d'attente, les chers confrères, les représentants pharmaceutiques, les nouvelles règles de la sécu, les déments, la sagesse de l'enfant en fin de vie, la surdité qui force à répéter, les cas sociaux qui ne peuvent jamais payer
et enfin
l'erreur médicale, l'appât du gain, la mort
c'est certainement un métier intéressant.
22.4.08
日本
Quelques rares personnes, moins rares que celles qui poseront les yeux sur ces lignes, mais tout de même une quantité négligeable en comparaison avec la population francophone, se souviennent que j'apprécie tout particulièrement être au Japon. Il se trouve que par chance, je suis en ce moment au pays du soleil blablabla et que je peux donc voir des carpes de la taille d'une cuisse de hell's angel s'ennuyer au fond d'un ruisseau vaseux. Car sans carpe, pas de Japon. Sans arbre à fleur et jolies feuilles rouges non plus. Sans vélo ni machine vendeuse de boissons, que dire ? Et sans masque à enrhumés, on n'imagine même pas.
Quelques éléments nouveaux dans le paysage : à la télé, on voit un reportage sur une jeune femme qui se promène en mini-jupe et string dans une rue de tokyo, et qui lève la jambe comme une danseuse devant des photographes amateurs sur-excités. Comme mon japonais ne permet pas de saisir les explications de la jeune femme, je reste incapable de vous donner ses motivations. Sa voix exprime un certain contentement. Je lis le journal et constate que, dans le Japan Times, la plupart de l'espace est consacré aux nouvelles internationales (par exemple, les chinois ont des parcs de protection et d'élevage de panda, dans lesquels ils leur font faire de l'exercice sexuel pour les pousser à se reproduire plus). Il reste quelques lignes sur Yasukuni Jinja et toutes les bonnes justifications sont données à la visite de nombreux membres du parlement à ce sanctuaire plutôt associé aux débordements nationalistes. Quelques tribunes sur le Tibet. Comme Nicolas S. ne fait pas de bêtise ridicule en ce moment, rien sur la France. Globalement, plutôt du fait divers ou de l'actualité brute, les colonnes de commentaires n'étant pas sur des sujets très nippons.
Pour les détails du quotidien : à l'université de Tsukuba, on croise des professeurs se cachant dans les recoins de couloir pour se laver les dents en paix. On pourrait se dire qu'ils ont l'air ridicule avec de la mouche qui sort de la bouche, mais a-t-on possiblement l'air bête quand on fait un geste d'hygiène de base dont on sait que presque personne ne l'accomplit après le repas du midi en France. Egalement, combien de français se lavent les mains avant de passer à table ? Personnellement, sur toutes les fois où j'ai mangé au restaurant avec des collègues ou des amis, je n'ai jamais vu personne me suivre vers les lavabos. On dit parfois que cela explique beaucoup les taux d'incidence de gastro.
Pour info, les cafeteria du campus de Tsukuba délivre une nourriture abjecte.
Pour info, les cours d'aikido de l'université de Tsukuba ont lieu tous les jours de 17h30 à 19h30 et certains sempai sont très sympathiques (je n'ai pas demandé à y aller, je n'avais même pas de keikogi, mais mon collègue, connaissant mon intérêt, a tout organisé pour qu'on me prête un gi et que je m'incruste au cours. J'ai finalement eu droit à une pratique particulière avec un ancien, troisième dan qui pratique depuis 17 ans, c'était très bien).
La pluie est arrivée après le beau temps. A la télé, toujours cette fascinante présentation du temps qui donne les probabilités de pluies dans chaque grande ville. Tout cela a à voir avec la langue japonaise elle-même, où les chances et risques s'expriment de façon très précise, chaque mot ayant un équivalent presque quantifiable en proba. Alors ils comprennent ce genre d'information. Pratique, mais sûrement pas adapté à la télé française.
Bonne nouvelle : je me rends compte que j'ai maintenant le niveau pour comprendre les infos à la télé et lire Yotsuba, manga pour enfants plutôt mignon.
Quelques éléments nouveaux dans le paysage : à la télé, on voit un reportage sur une jeune femme qui se promène en mini-jupe et string dans une rue de tokyo, et qui lève la jambe comme une danseuse devant des photographes amateurs sur-excités. Comme mon japonais ne permet pas de saisir les explications de la jeune femme, je reste incapable de vous donner ses motivations. Sa voix exprime un certain contentement. Je lis le journal et constate que, dans le Japan Times, la plupart de l'espace est consacré aux nouvelles internationales (par exemple, les chinois ont des parcs de protection et d'élevage de panda, dans lesquels ils leur font faire de l'exercice sexuel pour les pousser à se reproduire plus). Il reste quelques lignes sur Yasukuni Jinja et toutes les bonnes justifications sont données à la visite de nombreux membres du parlement à ce sanctuaire plutôt associé aux débordements nationalistes. Quelques tribunes sur le Tibet. Comme Nicolas S. ne fait pas de bêtise ridicule en ce moment, rien sur la France. Globalement, plutôt du fait divers ou de l'actualité brute, les colonnes de commentaires n'étant pas sur des sujets très nippons.
Pour les détails du quotidien : à l'université de Tsukuba, on croise des professeurs se cachant dans les recoins de couloir pour se laver les dents en paix. On pourrait se dire qu'ils ont l'air ridicule avec de la mouche qui sort de la bouche, mais a-t-on possiblement l'air bête quand on fait un geste d'hygiène de base dont on sait que presque personne ne l'accomplit après le repas du midi en France. Egalement, combien de français se lavent les mains avant de passer à table ? Personnellement, sur toutes les fois où j'ai mangé au restaurant avec des collègues ou des amis, je n'ai jamais vu personne me suivre vers les lavabos. On dit parfois que cela explique beaucoup les taux d'incidence de gastro.
Pour info, les cafeteria du campus de Tsukuba délivre une nourriture abjecte.
Pour info, les cours d'aikido de l'université de Tsukuba ont lieu tous les jours de 17h30 à 19h30 et certains sempai sont très sympathiques (je n'ai pas demandé à y aller, je n'avais même pas de keikogi, mais mon collègue, connaissant mon intérêt, a tout organisé pour qu'on me prête un gi et que je m'incruste au cours. J'ai finalement eu droit à une pratique particulière avec un ancien, troisième dan qui pratique depuis 17 ans, c'était très bien).
La pluie est arrivée après le beau temps. A la télé, toujours cette fascinante présentation du temps qui donne les probabilités de pluies dans chaque grande ville. Tout cela a à voir avec la langue japonaise elle-même, où les chances et risques s'expriment de façon très précise, chaque mot ayant un équivalent presque quantifiable en proba. Alors ils comprennent ce genre d'information. Pratique, mais sûrement pas adapté à la télé française.
Bonne nouvelle : je me rends compte que j'ai maintenant le niveau pour comprendre les infos à la télé et lire Yotsuba, manga pour enfants plutôt mignon.
1.4.08
jet yoyo
La chance de la semaine c'est de pouvoir passer de l'heure d'hiver à celle d'été puis en arrière et de nouveau en été. Comme un yoyo. En arrière, c'est en Angleterre, le beau pays vert pelouse où les petits moutons courent joyeusement dans les pattes de maman, où les contrôleurs de train ont parfois une dizaine de piercings sur le visage, où le poids moyen de tout individu de plus de quinze ans semble le double de celui d'un continental, où l'on vous appelle "love" quand on vous propose de choisir entre le thé et le café. Parlant de café, si la nourriture servie au centre de conférences de l'Université de Warwick est étonnamment bonne au vu du pays dans lequel ce centre est situé (rappel historique : talonnant la Pologne qui se situe sans conteste en première ligne, l'Angleterre est l'un des pays où l'on mange le plus mal en Europe), le café ne déroge pas à sa réputation et rejoint l'ignoble. Malgré ce léger défaut, le centre de conférences est un lieu paradisiaque, aux chambres majestueuses nettoyées tous les matins, au bar ouvert le soir et prêt à accueillir le pauvre voyageur jet yoyoté avec une guiness tirée hors des règles de l'art mais dont le goût est délicieux puisque l'on a passé le channel, où l'on peut prendre comme dessert du cheese cake ET du carrott cake ET de la salade de fruits, mais aussi où l'on pense à servir les petits bouts grillés de peau grasse détachée du jambon cuit qui est très laid à regarder et représente une charge calorique inacceptable pour un organisme sain mais qui fait le bonheur des gourmands, où l'on sert *oh bonheur suprême* des rognons délicatement cuits au petit déjeuner, où le wifi est accessible dans toutes les salles communes, où les salles de réunion contiennent un distributeur d'eau décore de bonbons violets de bonbons jaunes de bonbons verts de bonbons oranges qui chacuns ont des goût différents mais sans être associables à un fruits particulier, une prise réseau et un cable éthernet posés avec attention sur le bureau de la chambre, où chaque salle de bains contient savon gel-douche shampoing mouth-freshener (qui doit avoir une traduction en français) chapeau de douche coton-tige crème pour le corps, crème pour le corps que l'on retrouve dans les toilettes à côté du savon liquide dans sa version "crème pour les mains", toilettes où l'on a d'ailleurs le choix entre le séchage manuel sur papier ou le séchage électrique par ventilation, les salles de réunion ouvertes à tous les participants pour s'isoler, le prêt sans garantie d'un adaptateur électrique que l'on reçoit contre une recommandation "please bring it back when you are done with it", où un sèche cheveux une télé une bouilloire et un tas de sachets de thé café décaféiné tisanes ornent le long bureau, où l'on trouve même dans l'armoire des objets saugrenus et parfaitement inutiles tels qu'une table et un fer à repasser. Le seul petit défaut est le risque de se perdre entre les petits salons, la salle de jeux, l'internet café, le distributeur d'argent, la photocopieuse. A ce stade, on soupçonne que l'idée de rassembler tout l'essentiel d'un conférencier dans le même bâtiment découle de deux facteurs qui empêchent les braves travailleurs sortant de leurs réunions de satisfaire tous leurs besoins : le temps certainement horrible qui écrase le ciel local en hiver, et de l'isolement de l'université au milieu de la campagne, paradisiaque depuis hier puisque les fleurs y pointent et les petits moutons s'y ébattent.
Le lecteur pourrait légitimement se dire que je parle beaucoup des petits moutons. Il faut savoir que dans ma jeunesse, je m'étais crue capable de tout plaquer pour partir en Angleterre vivre au milieu de champs rasés de près par ces charmants mammifères peu alertes. Depuis, j'ai compris que de jolis paysages ne s'obtiennent qu'au prix d'une pluie agaçante et d'une solitude déprimante. Je préfère donc me délecter d'une opportunité comme celle que je connais aujourd'hui, voir les alentours de Coventry sous le soleil et lorsque la nature s'éveille à la sortie de l'hiver tout en travaillant dans des conditions optimales avec de brillants collègues.
Le lecteur pourrait légitimement se dire que je parle beaucoup des petits moutons. Il faut savoir que dans ma jeunesse, je m'étais crue capable de tout plaquer pour partir en Angleterre vivre au milieu de champs rasés de près par ces charmants mammifères peu alertes. Depuis, j'ai compris que de jolis paysages ne s'obtiennent qu'au prix d'une pluie agaçante et d'une solitude déprimante. Je préfère donc me délecter d'une opportunité comme celle que je connais aujourd'hui, voir les alentours de Coventry sous le soleil et lorsque la nature s'éveille à la sortie de l'hiver tout en travaillant dans des conditions optimales avec de brillants collègues.
17.3.08
la plage des sables d'olonne
Bien sûr que je suis tombée amoureuse d'Artémis. La fin du monde s'est invitée sur nos plages, et déjà les embouteillages de photographes épatés, venus d'aussi loin que Clermont-Ferrand, empêchent les gentils vendéens de promener le dimanche.
Merci Artémis pour ta beauté fragile, un peu étonnée.
Merci changement global pour tes blagues.
pour d'adorables lecteurs capables de me contacter : un grand bonheur pour moi serait de savoir comment sont désignés les habitants des sables d'olonne - suivant wikipédia, je trouve olonnais comme adjectif et olonnois comme substantif, sans savoir si cela désigne bien les sus-concernés - la page de wikipédia, qui ressemble singulièrement à une page web d'office du tourisme du début des années 2000 (interface anti-conviviale) ne sert pas à grand chose à part à connaître les horaires de train, à constater le dépeuplement depuis 1968 de cette belle ville et à lister de célèbres inconnus comme personnalités locales.
Merci Artémis pour ta beauté fragile, un peu étonnée.
Merci changement global pour tes blagues.
pour d'adorables lecteurs capables de me contacter : un grand bonheur pour moi serait de savoir comment sont désignés les habitants des sables d'olonne - suivant wikipédia, je trouve olonnais comme adjectif et olonnois comme substantif, sans savoir si cela désigne bien les sus-concernés - la page de wikipédia, qui ressemble singulièrement à une page web d'office du tourisme du début des années 2000 (interface anti-conviviale) ne sert pas à grand chose à part à connaître les horaires de train, à constater le dépeuplement depuis 1968 de cette belle ville et à lister de célèbres inconnus comme personnalités locales.
3.10.07
zorro des caniveaux
Mon amusement du moment, jouer à zorro. J'interpelle dans la rue les pauvres hères qui ne savent choisir entre civisme et abandon de leur âme. J'ennuie un homme qui se gare sur le trottoir, et qui se révèle très vexé, car il sait que je n'ai pas tort ; je demande à une dame si elle compte ramasser le caca de son chien, ce qu'elle fait en me certifiant que beaucoup de gens ont ce comportement dans son quartier - cela semble improbable mais pourquoi ne pas répandre ce genre de mythe qui pourrait être suivi par quantité de braves autochtones. La réaction vaguement offusquée de ceux que l'on semble accuser d'incivisme et qui répondent montre qu'ils sont conscients des problèmes de leur cité. Il y a quelques temps, c'est plutôt un sacré abruti que nous avons rencontré - roulant sur le trottoir en scooter, à deux doigts de renverser la poussette que nous conduisons, il s'estime dans son bon droit et pas du tout dangereux. Nous ici désigne mon doux conjoint et moi, ce qui fait que ledit conjoint a failli emplâtrer le malotru quasi assassin et néanmoins agressif. Un peu trop de ces monstres sans cervelle nous polluent le quotidien ici.
Mon autre étude de la ville basse est la rencontre régulière de ceux qui, chaque jour plus nombreux, font la manche dans la rue. Je ne leur parle pas toujours, mais la façon de dire merci présente déjà une infinité de variation, du vieil alcoolique mal réveillé, à la jeune roumaine qui a fait jusque là semblant de ne pas parler un mot et d'ânnoner de vagues prières d'un air absent et dont l'oeil s'éveille soudain pour dire très distinctement et presque sans accent merci madame. Il y a rôle à jouer pour participer à la réalité sociale et économique ; il y a personnalité cachée sous le masque, qui peut apparaître parfois.
Note sur la beauté du marché. En discutant un peu, on découvre qu'en ces temps de ramadans on ne peut plus se fournir en drogue cannabisée sur Marseille. C'est la dèche. Maintenant, ne circule que de la mauvaise qualité, et plutôt mal servie. Quand les vendeurs rachètent leur âme, les accros se rongent les sangs.
Et puis finalement, la rue hurle quand Marseille marque un but contre Liverpool. Sont-ils simplement heureux ces habitants d'une ville abandonnée par ses politiques et déchiquetée pour satisfaire à l'appétit des plus riches. (Promenez vous rue de la République, nouvelle rue Saint Férréol où les propriétaires devront dorénavant être aisés et propres sur eux. Appréciez...).
Mon autre étude de la ville basse est la rencontre régulière de ceux qui, chaque jour plus nombreux, font la manche dans la rue. Je ne leur parle pas toujours, mais la façon de dire merci présente déjà une infinité de variation, du vieil alcoolique mal réveillé, à la jeune roumaine qui a fait jusque là semblant de ne pas parler un mot et d'ânnoner de vagues prières d'un air absent et dont l'oeil s'éveille soudain pour dire très distinctement et presque sans accent merci madame. Il y a rôle à jouer pour participer à la réalité sociale et économique ; il y a personnalité cachée sous le masque, qui peut apparaître parfois.
Note sur la beauté du marché. En discutant un peu, on découvre qu'en ces temps de ramadans on ne peut plus se fournir en drogue cannabisée sur Marseille. C'est la dèche. Maintenant, ne circule que de la mauvaise qualité, et plutôt mal servie. Quand les vendeurs rachètent leur âme, les accros se rongent les sangs.
Et puis finalement, la rue hurle quand Marseille marque un but contre Liverpool. Sont-ils simplement heureux ces habitants d'une ville abandonnée par ses politiques et déchiquetée pour satisfaire à l'appétit des plus riches. (Promenez vous rue de la République, nouvelle rue Saint Férréol où les propriétaires devront dorénavant être aisés et propres sur eux. Appréciez...).
2.10.07
1.10.07
JE NE SUIS PAS
Le bus qui vient d'Aix annonce sur le côté, en lettre brillante sur fond noir : JE NE SUIS PAS. (de face on saura qu'il s'agit d'être en service, moins mystérieux.
Un petit chien blanc qui ressemble à Oscar la chienne de Kaabeche le créateur de la rue Pastoret, se tient devant la gare de Marseille, au pied d'une machin-outil qui fait sa pause de midi. Au milieu du chantier, il se gratter avec sa patte arrière gauche, et renifle par terre avec vivacité. Il est très petit.
Un autre petit, humain, saute sans se démoraliser pour toucher le drapeau australien qui pend du plafond. Il a environ cinq ans. Si on prend sa hauteur et qu'on la triple, on atteind tout juste le drapeau. En haut de sa courbe ascendante, il est encore très très loin du compte, mais ne se démoralise pas, et recommence encore. Il tente le drapeau de l'Italie, retourne à l'Australie. Puis il abandonne et rejoint sa mère, pour enfourner un repas qui ressemble au mien sur un plateau que chaque client a indentiquement posé devant lui. Deux plats et une boisson, l'un simulant un hamburger plus ou moins sophistiqué, tandis que l'autre représente les légumes, frites donc. Un boisson. Pour certains un desserts pour ajouter à 495 et 380 calories. Un repas chez macdo.
Un petit chien blanc qui ressemble à Oscar la chienne de Kaabeche le créateur de la rue Pastoret, se tient devant la gare de Marseille, au pied d'une machin-outil qui fait sa pause de midi. Au milieu du chantier, il se gratter avec sa patte arrière gauche, et renifle par terre avec vivacité. Il est très petit.
Un autre petit, humain, saute sans se démoraliser pour toucher le drapeau australien qui pend du plafond. Il a environ cinq ans. Si on prend sa hauteur et qu'on la triple, on atteind tout juste le drapeau. En haut de sa courbe ascendante, il est encore très très loin du compte, mais ne se démoralise pas, et recommence encore. Il tente le drapeau de l'Italie, retourne à l'Australie. Puis il abandonne et rejoint sa mère, pour enfourner un repas qui ressemble au mien sur un plateau que chaque client a indentiquement posé devant lui. Deux plats et une boisson, l'un simulant un hamburger plus ou moins sophistiqué, tandis que l'autre représente les légumes, frites donc. Un boisson. Pour certains un desserts pour ajouter à 495 et 380 calories. Un repas chez macdo.
27.9.07
"heureusement que la planète se réchauffe..."
Une belle remarque de vieux marseillais à l'accent italien, lancée d'une voix aussi gaie que tonitruante. Son ami approuve en retenant son chapeau. Car l'hiver s'en est venu en un jour et les bouts du nez sont rouges. Parfois, dans les beaux jours, on me parlait dans la rue, telle cette femme surgissant d'une cabine téléphonique pour m'annoncer que l'ANPE venait d'accepter de financer sa formation. Du chant lyrique. Maintenant, le son des voix est assourdi par les éléments mais la bonne humeur ne nous quitte pas. Le vendeur de fromages de la rue saint michel, au chaud dans son magasin, parle de sa petite fille et de sa retraite tant attendue. Une dame se plaint de ce qui nous préoccupe ici, l'arrivée soudaine d'une perturbation sur la Région PACA. D'ailleurs, les machines-outils ont déjà pris leur envol vers des cieux plus cléments, et je ne vois plus une seule araignée, plus un seul éléphant de ferraille creusant un parking ou réparant une rue. Le parcours qui me mène au travail était pourtant pendant des mois encombré de la construction du tramway, long saucisson silencieux dont l'apparition ne rend pas plus simple la vie des cyclistes.
On peut noter un changement d'humeur certain dès les premiers mots posés sur cette page virtuelle : je mets des majuscules en début de phrase.
On peut noter une constante d'humeur certaine en Birmanie : ils vont tirer sur les gens dans la rue, ceux-là même que je voyais il y a quelques jours sur mon écran, distinguant les visages et les postures de ceux qui marchaient vers une répression certaine. Mais marchaient malgré tout.
On peut noter un changement d'humeur certain dès les premiers mots posés sur cette page virtuelle : je mets des majuscules en début de phrase.
On peut noter une constante d'humeur certaine en Birmanie : ils vont tirer sur les gens dans la rue, ceux-là même que je voyais il y a quelques jours sur mon écran, distinguant les visages et les postures de ceux qui marchaient vers une répression certaine. Mais marchaient malgré tout.
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