en fait, je n'écris plus car ma vie ne me semble pas passionnante. du moins, si passion il y a elle est délicate à transmettre en mots.
par exemple, j'ai du mal à monter les escaliers à cause d'un léger déséquilibre vers l'avant, je mange un goûter gargantuesque régulièrement, je ne dors plus, j'ai occasionnellement mal à la tête, je pleure pour un rien.
par exemple, la semaine dernière, je suis passée pour la dernière fois devant un type que je connais pour le voir souvent. c'est un clochard jeune qui fait l'entrée du centre bourse côté hotel mercure. il est là tout le temps, il a une açon d'interpeller qui m'agace un peu. je ne m'arrête jamais. et puis l'autre jour, j'ai tourné la tête en passant, après n'avoir pas répondu à l'appel. et j l'ai vu baissant la tête d'un air totalement découragé, plus que triste. Je me suis sentie, à ce moment-là, parfaitement merdeuse. comme si ça me coûtait beaucoup de m'arrêter filer deux sous à un type pour lui reconnaître le droit d'exister dans mon univers. la situation m'a confite pour la soirée, où je me sentais vraiment un monstre froid et violent tout droit issu du capitalisme sauvage, oubliant mes racines humaines. et puis bien sûr, quand je suis repassée par là, je n'ai pas pu me racheter puisque le type avait disparu.
je pourrais aussi vous parler des bonnes patates aux oignons que j'ai faites cuire dans la graisse de canard avant de leur casser un oeuf sur la tête. c'est simple mais bon bien sûr.
mais je n'ai plus le temps car je vais faire de l'aquagym - exercice pour grosse où la baleine que je suis devenue se sent dans son élément, enfin quelques minutes par jour.
12.12.06
24.11.06
la neige !!
tout le monde prétend qu'il n'y a plus de saison, qu'on ne peut plus rien prévoir, que tout est déréglé. ma mère dit ainsi que les vieux de chateauneuf affirment que les hiver des années 30 ou 40 étaient bien plus rigoureux, la loire étant gelée régulièrement. d'autre prétendent que chaque année l'hiver arrive plus tard et qu'il est plus froid à marseille ; voire que les variations quotidiennes que nous subissons (vent puis plus vent puis vent) sont anormales en cette saison. ils vont jusqu'à nous dire que des glaces que je n'ai jamais vues dans des régions où je ne mettrai jamais les pieds sont en train de fondre et de préparer une aires glaciaire.
ces alarmistes qui geignent alors que le monde va si bien m'épuisent. par exemple, ce matin face à ma rue, sur la canebière, j'ai pu apprécié une vraie scène d'hiver : des sapins sous la neige. si l'on ne touche pas au bonheur quand, noel approchant, les sapins de noel sont blancs, je ne vois pas ce qui pourrait nous satisfaire, nous simples humains.
ces alarmistes qui geignent alors que le monde va si bien m'épuisent. par exemple, ce matin face à ma rue, sur la canebière, j'ai pu apprécié une vraie scène d'hiver : des sapins sous la neige. si l'on ne touche pas au bonheur quand, noel approchant, les sapins de noel sont blancs, je ne vois pas ce qui pourrait nous satisfaire, nous simples humains.
17.11.06
quotidien en quartier nord
j'ai les oreilles qui trainent de nouveau dans les bars, un grand plaisir quand les voisins sont locaces. je découvre en passant qu'un lycée professionnel a subi avant-hier son troisième cambriolage depuis le début d'année, ce qui s'est traduit par de très nombreuses destructions (pour 15000 euros d'ordinateurs cassés et de laboratoire éclaté en morceaux), sans disparition d'objets. celui que j'écoutais parler était content car les copies détruites dans la salle des profs n'avaient pas encore été corrigées (pas de perte de temps sèche). les policiers ont dit, au vu des empreintes très visibles, qu'il s'agissait d'enfants dans les dix ans.
on a aussi des anecdotes de cassage de gueule de petits "journalistes" (le megazine, feuille de chou à lire aux chiottes selon leur rédaction en chef, que l'on trouve exclusivement aux alentours de la plaine). une remarque sur une personne et on tombe d'un tabouret suite à une baffe, pour prendre un coup de casque sur la tête de la part du copain. si les répercussions sont telles à cette échelle, on ne s'étonne plus que ceux qui publient dans le figaro reçoivent des menaces de mort.
en ce moment, il faut juste être fasciné et se demander si la civilité va survivre aux dix prochaines années.
sinon, côté personnel, j'ai attendu mon mec au bar pendant qu'il allait à la réunion de la sage-femme et qu'il allait faire les courses. c'est sympa. il s'est même fait interpellé dans la rue par un pote qui lui a rappelé le bon temps du célibat où l'on n'a pas besoin de faire des courses.
la fnac m'informe par voix automatique féminine que j'ai reçu ma commande 6672 slash 567 slash 85 concernant la référence 578G tiret 758 tiret 9320 qui peut être récupéré au guichet 6250 de la fnac.
j'ai aussi tenté d'appeler mon centre d'impots qui me propose d'appuyer sur les chiffres pour faire mon choix. bien sûr aucun ne répondait et le message tournait en boucle. cela n'a que peu d'importance car le service des impots est une institution mineure de la république française.
si j'étais candidate à la présidence de la république, je décréterais que l'informatique doit devenir encore plus importante dans la vie quotidienne. pour rigoler.
on a aussi des anecdotes de cassage de gueule de petits "journalistes" (le megazine, feuille de chou à lire aux chiottes selon leur rédaction en chef, que l'on trouve exclusivement aux alentours de la plaine). une remarque sur une personne et on tombe d'un tabouret suite à une baffe, pour prendre un coup de casque sur la tête de la part du copain. si les répercussions sont telles à cette échelle, on ne s'étonne plus que ceux qui publient dans le figaro reçoivent des menaces de mort.
en ce moment, il faut juste être fasciné et se demander si la civilité va survivre aux dix prochaines années.
sinon, côté personnel, j'ai attendu mon mec au bar pendant qu'il allait à la réunion de la sage-femme et qu'il allait faire les courses. c'est sympa. il s'est même fait interpellé dans la rue par un pote qui lui a rappelé le bon temps du célibat où l'on n'a pas besoin de faire des courses.
la fnac m'informe par voix automatique féminine que j'ai reçu ma commande 6672 slash 567 slash 85 concernant la référence 578G tiret 758 tiret 9320 qui peut être récupéré au guichet 6250 de la fnac.
j'ai aussi tenté d'appeler mon centre d'impots qui me propose d'appuyer sur les chiffres pour faire mon choix. bien sûr aucun ne répondait et le message tournait en boucle. cela n'a que peu d'importance car le service des impots est une institution mineure de la république française.
si j'étais candidate à la présidence de la république, je décréterais que l'informatique doit devenir encore plus importante dans la vie quotidienne. pour rigoler.
16.11.06
"le débat interne au parti socialiste"
je suis obligée de m'étouffer de rire devant certains assertions journalistiques. me parler tous les jours pendant une heure des discussions du ps autour de leurs candidats crapuleux (par définition tout Homme politique (je mets une majuscule pour éviter l'ajout homme "ou femme", mais finalement je me retrouve à écrire des lignes inutiles pour justifier cette petite subtilité) contemporain est un être bas et sans moralité, attiré par le simple désir de pouvoir, sans un regard condescendant même pour les hautes oeuvres du gouvernement auquel il devrait s'attacher), pour ensuite qualitifer leurs blablas de débat interne, ça me fait forcément réagir. même en postulant le plus grand déintérêt pour leurs activités égotistes, je suis obligée de voir la femme du lot se plaindre du machisme des autres et d'entendre des journalistes commenter sur ces verts propos insignifiants. je ne comprends pas bien quel stratège en communication a pu proposer que de telles arènes sans intérêt représente une frange politique qui prétend encore à un attachement à des valeurs de gauche, où par exemple un intouchable avec du sang sur les mains prétendent être adéquat pour mener des campagnes "contre" tous les autres.
et pourtant, tous autant que nous sommes, même désésperés par leurs mensonges déguisés en sourires, nous devrons un jour voter et décider pour l'un ou l'autre. il s'agit de la démocratie, elle se joue de nous, riant sous cape en attendant le jour où nous la mériterons enfin.
et pourtant, tous autant que nous sommes, même désésperés par leurs mensonges déguisés en sourires, nous devrons un jour voter et décider pour l'un ou l'autre. il s'agit de la démocratie, elle se joue de nous, riant sous cape en attendant le jour où nous la mériterons enfin.
"le débat interne au parti socialiste"
je suis obligée de m'étouffer de rire devant certains assertions journalistiques. me parler tous les jours pendant une heure des discussions du ps autour de leurs candidats crapuleux (par définition tout Homme politique (je mets une majuscule pour éviter l'ajout homme "ou femme", mais finalement je me retrouve à écrire des lignes inutiles pour justifier cette petite subtilité) contemporain est un être bas et sans moralité, attiré par le simple désir de pouvoir, sans un regard condescendant même pour les hautes oeuvres du gouvernement auquel il devrait s'attacher), pour ensuite qualitifer leurs blablas de débat interne, ça me fait forcément réagir. même en postulant le plus grand déintérêt pour leurs activités égotistes, je suis obligée de voir la femme du lot se plaindre du machisme des autres et d'entendre des journalistes commenter sur ces verts propos insignifiants. je ne comprends pas bien quel stratège en communication a pu proposer que de telles arènes sans intérêt représente une frange politique qui prétend encore à un attachement à des valeurs de gauche, où par exemple un intouchable avec du sang sur les mains prétendent être adéquat pour mener des campagnes "contre" tous les autres.
et pourtant, tous autant que nous sommes, même désésperés par leurs mensonges déguisés en sourires, nous devrons un jour voter et décider pour l'un ou l'autre. il s'agit de la démocratie, elle se joue de nous, riant sous cape en attendant le jour où nous la mériterons enfin.
et pourtant, tous autant que nous sommes, même désésperés par leurs mensonges déguisés en sourires, nous devrons un jour voter et décider pour l'un ou l'autre. il s'agit de la démocratie, elle se joue de nous, riant sous cape en attendant le jour où nous la mériterons enfin.
14.11.06
au paradis des parturientes
une petite visite dans un hopital français vous rappelle que l'incompréhension est un phénomène universel. je parle ici de mon incompréhension face au monde, qui reste le même ici ou là-bas. et pourquoi ? parce que tout le monde vit dans un univers où il sait ce qui va se passer, ce qui doit arriver après, et ne se rend même plus compte que les pauvres mortels qui l'entourent n'ont pas l'aisance de mouvement et d'anticipation du visionnaire, englués qu'ils sont dans le décryptage des signes et l'assimilation lente d'une normalité issue d'un univers parallèle.
nous sommes donc un tas de grosses dans une salle d'attente. cette salle est celle du couloir de gauche de la maternité sainte monique, en direction des gynécologues, le couloir de droite étant prévu pour l'attente de l'échographie médicale. ici, on parle de médical, car il s'agit de vérifier sans cesse que nous ne sommes pas malades. dans ce but, nous ("nous", fières reproductrices de l'espèce tombant sous la responsabilité de la grande République) faisons pipi dans un bocal tous les mois, et avec une fréquence analogue versons quelques gouttes de sang dans un tube sous vide. souvent aussi nous passons du temps avec du gel sur le ventre, celui qui permet une meilleure circulation des images de l'échographie, celle-ci, "fonctionelle", permettant de mesurer des membres, vérifier la présence de quatre ventricules à un petit coeur, la capacité à faire pipi, et d'autres caractéristiques essentielles d'un monstre issu du paléolithique en voie d'humanisation. depuis le début nous savons que le sacrifice de notre temps passe entre autre par un pesage régulier avec recommandations culpabilisatrices sur notre surcharge pondérale inconsidérée, prise de tension, tatage de lieux et d'espaces que je ne saurais nommer car ma pudeur est mise à l'épreuve.
à ces exercices de style que les médecins dévident avec un sérieux et un désintérêt qui rappelle le manque de passion de l'égorgeur de poulet dans la grande industrie, nous devons bien sûr ajouter des durées d'attente frisant l'insalubre et des rites opaques et inquiétants. bien sûr, nous sommes fragiles et fatiguées, porteuses du futur et à protéger. cela ne nous empêche pas de subir des examens barbares tels que l'ingurgitation de 50 grammes de glucose à jeûn, suite à quoi l'on peut patienter une heure sur une chaise en plastique avant de se faire piquer une fois de plus le creux du coude. au fur et à mesure, on vous ajoute des rendez-vous et rencontres fascinantes - le centre de transfusion sanguine n'étant pas le moindre des affolantes administrations. bien sûr si vous vous approchez d'un hopital, sachez que vous en avez pour quatre heures si le ciel vous est clément. déjà le retard du début d'après-midi est par convention de une heure et quart ; par la suite on observe des disparitions subites et inexpliquées (les secrétaires disparaissent à 5 h, laissant nos masses informes s'avachir de plus en plus dans l'angoiss d'une attente sans fin) de médecin qui part, mollet vif et sans un mot, aider un bébé hésitant à franchir le grand pas. le vide de l'attente n'est comblé que par quelques coups de fil agacés de femelles à qui la faim fait bouilloner l'humeur. finalement, nous repartons pour un examen n ièmement obscur, où tout va bien et personne ne s'en plaint.
cette série d'exercices a très certainement pour but d'augmenter la patience des mères, afin de les préparer à une future vie où l'inexpliqué prendra une place sans commune mesure avec ce qu'elles ont subi depuis leur entrée à la maternelle.
nous sommes donc un tas de grosses dans une salle d'attente. cette salle est celle du couloir de gauche de la maternité sainte monique, en direction des gynécologues, le couloir de droite étant prévu pour l'attente de l'échographie médicale. ici, on parle de médical, car il s'agit de vérifier sans cesse que nous ne sommes pas malades. dans ce but, nous ("nous", fières reproductrices de l'espèce tombant sous la responsabilité de la grande République) faisons pipi dans un bocal tous les mois, et avec une fréquence analogue versons quelques gouttes de sang dans un tube sous vide. souvent aussi nous passons du temps avec du gel sur le ventre, celui qui permet une meilleure circulation des images de l'échographie, celle-ci, "fonctionelle", permettant de mesurer des membres, vérifier la présence de quatre ventricules à un petit coeur, la capacité à faire pipi, et d'autres caractéristiques essentielles d'un monstre issu du paléolithique en voie d'humanisation. depuis le début nous savons que le sacrifice de notre temps passe entre autre par un pesage régulier avec recommandations culpabilisatrices sur notre surcharge pondérale inconsidérée, prise de tension, tatage de lieux et d'espaces que je ne saurais nommer car ma pudeur est mise à l'épreuve.
à ces exercices de style que les médecins dévident avec un sérieux et un désintérêt qui rappelle le manque de passion de l'égorgeur de poulet dans la grande industrie, nous devons bien sûr ajouter des durées d'attente frisant l'insalubre et des rites opaques et inquiétants. bien sûr, nous sommes fragiles et fatiguées, porteuses du futur et à protéger. cela ne nous empêche pas de subir des examens barbares tels que l'ingurgitation de 50 grammes de glucose à jeûn, suite à quoi l'on peut patienter une heure sur une chaise en plastique avant de se faire piquer une fois de plus le creux du coude. au fur et à mesure, on vous ajoute des rendez-vous et rencontres fascinantes - le centre de transfusion sanguine n'étant pas le moindre des affolantes administrations. bien sûr si vous vous approchez d'un hopital, sachez que vous en avez pour quatre heures si le ciel vous est clément. déjà le retard du début d'après-midi est par convention de une heure et quart ; par la suite on observe des disparitions subites et inexpliquées (les secrétaires disparaissent à 5 h, laissant nos masses informes s'avachir de plus en plus dans l'angoiss d'une attente sans fin) de médecin qui part, mollet vif et sans un mot, aider un bébé hésitant à franchir le grand pas. le vide de l'attente n'est comblé que par quelques coups de fil agacés de femelles à qui la faim fait bouilloner l'humeur. finalement, nous repartons pour un examen n ièmement obscur, où tout va bien et personne ne s'en plaint.
cette série d'exercices a très certainement pour but d'augmenter la patience des mères, afin de les préparer à une future vie où l'inexpliqué prendra une place sans commune mesure avec ce qu'elles ont subi depuis leur entrée à la maternelle.
10.11.06
babel
il ne faut pas se promener à toute heure dans marseille, car le degré de présence racaillienne est suffisamment variable pour être souvent insupportable. mais une traversée vers midi moins le quart, par exemple, est l'occasion de voir des dizaines de personnes légèrement affamées, se dirigeant déjà vers un restaurant ou discutant du vin qu'ils vont déguster à midi. parfois il est difficile de comprendre ce qu'il se dit car les africains parlent une langue d'afrique, les maghrébin l'une des versions de l'arabe, les maçons du tramway portugais et on identifie par-ci par-là une langue romaine qui pourrait être le roumain. à quoi sert le français ? à faire communiquer le vieux maghrébin et le vieux d'afrique noir qui déambulent ensemble, chacun affublé d'un accent très personnel. ou encore en bas du passage de lorette, le chinois buriné qui donne un coup d'épaule faussement provocateur à un vieux à la peau mate du sud de l'europe, et qui après avoir tourné autour de son ami comme le capitiane haddock rencontrant son vieux camarade dans le secret de la licorne (ou le trésor de rackham lerouge) finit par lui lancer quelques blagues sur le passé.
tout cela dans une ambiance si détendue de mois de novembre printannier, que le nouveau mobilier urbain qui a été installé pour tester notre vigilance depuis de nombreux mois (trous, trottoirs mouvants, machines outils, barrières) ne provoque même plus d'agacement. à quoi bon avoir des rues sans labyrinthe, puisqu'elles sont l'occasion de se mêler les uns aux autres dans des évitements d'obstacles subtils.
tout cela dans une ambiance si détendue de mois de novembre printannier, que le nouveau mobilier urbain qui a été installé pour tester notre vigilance depuis de nombreux mois (trous, trottoirs mouvants, machines outils, barrières) ne provoque même plus d'agacement. à quoi bon avoir des rues sans labyrinthe, puisqu'elles sont l'occasion de se mêler les uns aux autres dans des évitements d'obstacles subtils.
27.10.06
au jardin des delices
on pourrait dire que tout est bonheur et harmonie, enchaînement naturel et flots coulants dans le sens attendu, du haut vers le bas, de la montagne vers la mer, du passé vers le présent et sûrement plus loin.
par exemple on appelle les impôts et le service automatique si banal de sélection de touches ne marche pas, et il faut se deplacer si on souhaite communiquer avec cette administration centrale de l'Etat français. par exemple, un pigeon tremble, proche de la mort, incapable de voler. par exemple, les enfants bougent. par exemple, grand corps malade nous raconta des inepties vagues et laides d'une voix sans flow, et la tristesse robuste du manque de circonspection de nous envahir par boufées. par exemple l'escalator descendant du métro du cour julien, celui-là même qui refusait tout service depuis plusieurs semaines, marchait ce matin. par exemple, le vent et le soleil se disputent une fin d'été à l'automnalité discutable.
mais malgré tous les délices et les contentements, malgré les erreurs que le monde commet et qui font partie de lui, bien que tout soit indiscutablement un hasard sans dieu, la nostalgie continue une oeuvre qui ronge. il ne faut pas partir, tout comme il ne faut pas revenir, ni regretter, ni se pencher, car demain et hier se mêlent trop confusément pour savoir lequel est le plus beau, le plus complet. car il manque beaucoup aux délices pour être accomplissement de l'âme.
par exemple on appelle les impôts et le service automatique si banal de sélection de touches ne marche pas, et il faut se deplacer si on souhaite communiquer avec cette administration centrale de l'Etat français. par exemple, un pigeon tremble, proche de la mort, incapable de voler. par exemple, les enfants bougent. par exemple, grand corps malade nous raconta des inepties vagues et laides d'une voix sans flow, et la tristesse robuste du manque de circonspection de nous envahir par boufées. par exemple l'escalator descendant du métro du cour julien, celui-là même qui refusait tout service depuis plusieurs semaines, marchait ce matin. par exemple, le vent et le soleil se disputent une fin d'été à l'automnalité discutable.
mais malgré tous les délices et les contentements, malgré les erreurs que le monde commet et qui font partie de lui, bien que tout soit indiscutablement un hasard sans dieu, la nostalgie continue une oeuvre qui ronge. il ne faut pas partir, tout comme il ne faut pas revenir, ni regretter, ni se pencher, car demain et hier se mêlent trop confusément pour savoir lequel est le plus beau, le plus complet. car il manque beaucoup aux délices pour être accomplissement de l'âme.
16.10.06
une odeur de haribo
ce matin pour nous sortir de la morosité ambiante qui augmente à mesure que s* a des chances de représenter notre pays dans un futur proche, c'était plus précisément une odeur de dragibus qui envahissait les rues, des allées gambetta à l'alcazar. étrangement, je n'ai pas constaté plus de sourires que d'habitude sur les visages alors que je sentais les muscles de mon visage se contracter dans une moue de béatitude. peut-être qu'en ces temps de ramadan tout le monde a pris ça pour une épreuve supplémentaire, pas forcément agréable.
note : acheter un livre de promenades autour de marseille. il faut sortir et marcher et respirer l'air un peu moins pollué de la campagne.
note : acheter un livre de promenades autour de marseille. il faut sortir et marcher et respirer l'air un peu moins pollué de la campagne.
13.10.06
la pleureuse
il est vrai que les larmes me coulent trop facilement, d'aucuns m'accusent même d'une sensiberie déplacée pour mon âge, parfaitement inadaptée à la réalité d'un monde dont la cruauté n'est plus à montrer. néanmoins, j'ai vidé mes glandes lacrymales en quantité ce matin après avoir vu derrière une vitrine, sur le boulevard longchamp, dans un de ces magasins pour animaux où l'humanité exprime une fois de plus la puanteur de son rapport au monde, un chinchilla. il faut rappeler que des acheteurs, avant même les vendeurs, forment la part active de cet immonde trafic d'animaux hors contexte. or donc, mon chinchilla avait l'oeil éteint d'un dépressif gorgé de prozac, ce qu'il était certainement. ses yeux, proches de la vitrine, à moitié fermés, étaient orientés vaguement vers le boulevard de la libération, et mes efforts pour les faire bouger, grâce à une agitation un peu naïve des mains, furent vains. il était vide. une peluche vivante qui n'attend certainement plus rien et se demande ce qu'elle fait en un lieu si incompréhensible.
si même moi qui suis censée ne pas être innocente - adulte, humaine, consciente - ai du mal à saisir l'intérêt de l'existence sur terre de cette rue grise aux voitures omniprésentes, je vois mal pourquoi ce mammifère dont les doigts non opposables ne construirait pas la moindre cage pourrait se repérer dans ce fatras.
aussi ai-je pleurer. de rage. et comme toute personne saine d'esprit j'observais mes contemporains en pariant qu'aucun d'entre eux n'avait réellement une âme et que depuis bien longtemps, les zombies avaient établis campement dans tous les recoins de notre environnement.
sinon, le soir c'était fête japonaise, c'était plus sympa.
si même moi qui suis censée ne pas être innocente - adulte, humaine, consciente - ai du mal à saisir l'intérêt de l'existence sur terre de cette rue grise aux voitures omniprésentes, je vois mal pourquoi ce mammifère dont les doigts non opposables ne construirait pas la moindre cage pourrait se repérer dans ce fatras.
aussi ai-je pleurer. de rage. et comme toute personne saine d'esprit j'observais mes contemporains en pariant qu'aucun d'entre eux n'avait réellement une âme et que depuis bien longtemps, les zombies avaient établis campement dans tous les recoins de notre environnement.
sinon, le soir c'était fête japonaise, c'était plus sympa.
10.10.06
comprenne qui pourra
que c'est mon japon qui est parti en fumée, qui s'est enfui au loin, jamais ne reviendra avant des années. que toujours trop attachée aux signes je les vois disparaitre et crains l'oubli.
plutôt s'intéresser aux votes et aux gouvernants, ces menteurs qui nous exploitent et nous volent, mais au final, comme dans les plus sombres époques d'une déprime sans nom, rien ne m'éveille plus.
s'attacher est une erreur, mais comment ne pas la commettre, quand on vit au milieu de la merde dans une ville sans présent ?
plutôt s'intéresser aux votes et aux gouvernants, ces menteurs qui nous exploitent et nous volent, mais au final, comme dans les plus sombres époques d'une déprime sans nom, rien ne m'éveille plus.
s'attacher est une erreur, mais comment ne pas la commettre, quand on vit au milieu de la merde dans une ville sans présent ?
vivre en fête à marseille
il faut se plier au destin, surtout quand il n'est pas si lourd que ça mais juste pique le pied des innocents comme une épine pleine de boue qui infecterait l'âme. en gros, on m'a volé pillow, mon powerbook G4 à clavier japonais, rare exemplaire sur marseille, qui a pris son envol par une belle soirée d'octobre tandis que des merdeux décidaient de le voler pour revente à 50 euros de ce qui me coûte presque un mois de salaire.
ils comprennent un peu le monde, ceux qui font ça ? ou leurs yeux sont déjà pleins de cette boue qui recouvre l'épine, et jamais ils n'ont de perception des fissures qu'ils créent dans les plaisirs des autres ?
je les hais. ça m'arrive rarement.
ils comprennent un peu le monde, ceux qui font ça ? ou leurs yeux sont déjà pleins de cette boue qui recouvre l'épine, et jamais ils n'ont de perception des fissures qu'ils créent dans les plaisirs des autres ?
je les hais. ça m'arrive rarement.
5.10.06
le passage de lorette
il y a rénovation dans l'édifice le plus marquant des portes du panier. le linge a été retiré des fenêtres et l'on suppose la désaffection des populations sans papier qui se réfugiaient là dans l'insalubrité la plus pure. les portes du haut du passage s'ouvraient sur une infernale noirceur dont jamais je n'ai eu la curiosité de percer les secrets. maintenant, un beau musclé roumain aux yeux bleus et à l'accent arrondi monte des briques rouges vers les cieux, tandis que des gravats et déchets divers dégoulinent des fenêtres ouvertes. poussière et bruit. promesse de beauté fonctionnelle. une constante.
4.10.06
la culture en fête
me promenant dans une librairie, lieu de tous les possibles, où j'aime à me promener pour alourdir mon sac, plier mon dos et flétrir mes yeux sous des lampes trop pales, j'apprends incidemment deux choses.
déjà, kurt vonnegut, un de mes auteurs phare d'une adolescence pléonasmement révoltée, a écrit un nouveau livre. si je comprend la quatrième de couverture, c'est pour dire son désaccord profond face à la politique de son pays, les états-unis. il appelle ça "un homme sans patrie", ce qui n'est pas pour rigoler, et je rajouterais : mais qui peut encore considérer qu'il a une patrie en ces temps troublés où les hommes politiques désignés non élus (je pense à notre prime minister, à prononcer à l'anglaise c'est plus joli) nous prenne de haut et pour des cons.
c'est à dire en ces temps où l'activité démocratique la plus active sur terre se situe en iran, où les discussions vont bon train pour que les femmes reprennent des droits (cf courrier international, la source de tous les fleuves logorrhiques qui émane de ma bouche trop souvent ouverte). l'homme de cromagnon se retourne dans ses tombes (notre ancêtre qui était pacifique et s'est fait later la tête par le petit néanderthal excité et belliqueux).
or donc, deuxième découverte comme promis : je découvre que le cinéma le miroir, cinématèque des musées de marseille, est mort. je le voyais endormi, jamais ouvert et sans programme affiché. il a en fait deux trous rouges au côté droit, et c'est la direction des musées de marseille qui en a décidé ainsi. car il est évident que des salles de cinéma, il y en a trop, surtout art et essais, dans cette belle ville ça dégouline tellement qu'on ne sait plus où donner de la tête. dieu merci, le polygone etoile montre encore des videos atypiques tout le temps. une association active, une.
je sais, c'est un post pas content. je regarde trop les informations à la télévision, et je pleure. ceci est juste un mouchoir sale.
déjà, kurt vonnegut, un de mes auteurs phare d'une adolescence pléonasmement révoltée, a écrit un nouveau livre. si je comprend la quatrième de couverture, c'est pour dire son désaccord profond face à la politique de son pays, les états-unis. il appelle ça "un homme sans patrie", ce qui n'est pas pour rigoler, et je rajouterais : mais qui peut encore considérer qu'il a une patrie en ces temps troublés où les hommes politiques désignés non élus (je pense à notre prime minister, à prononcer à l'anglaise c'est plus joli) nous prenne de haut et pour des cons.
c'est à dire en ces temps où l'activité démocratique la plus active sur terre se situe en iran, où les discussions vont bon train pour que les femmes reprennent des droits (cf courrier international, la source de tous les fleuves logorrhiques qui émane de ma bouche trop souvent ouverte). l'homme de cromagnon se retourne dans ses tombes (notre ancêtre qui était pacifique et s'est fait later la tête par le petit néanderthal excité et belliqueux).
or donc, deuxième découverte comme promis : je découvre que le cinéma le miroir, cinématèque des musées de marseille, est mort. je le voyais endormi, jamais ouvert et sans programme affiché. il a en fait deux trous rouges au côté droit, et c'est la direction des musées de marseille qui en a décidé ainsi. car il est évident que des salles de cinéma, il y en a trop, surtout art et essais, dans cette belle ville ça dégouline tellement qu'on ne sait plus où donner de la tête. dieu merci, le polygone etoile montre encore des videos atypiques tout le temps. une association active, une.
je sais, c'est un post pas content. je regarde trop les informations à la télévision, et je pleure. ceci est juste un mouchoir sale.
28.9.06
le silence
je n'écris plus par principe mais sans raison et par fainéantise mais sans inactivité. certainement, des amusements plus intimes me poussent à regarder un nombril qui sort de ses gongs, et ne plus tenter d'universalisation de mes sensations. c'est un peu égoïste, puisque tout un chacun a droit à des pensées.
pourtant marseille ne change guère et offre toujours clochards pouilleux et noirs de crasse dormant au milieu du trottoir, sons de klaxon et de destruction de sols à gogo, policiers qui ne ralentissent pas quand pauvre piéton commence à franchir le passage pour elle conçu, déjà bien engagée mais recule par protection devant le gyrophar éteint fonçant plus vite que la réglementation si sévère de la ville ne l'autorise. puis regarder collègue et problèmes de communication, ignorance et désirs de partage, que faire de plus que tâcher une adaptation quotidienne à un monde dont on sent qu'il n'est pas nécessairement celui qu'on aurait dessiné si, bien au chaud dans le cocon originel on nous avait confié des pastels et un papier waterproof pour s'imaginer une petit maison.
ceux qui connaissent mes compétences en dessin, ici, sourient et pouffent et secouent un popotin joyeux. peut-être finalement est-ce justement dû à mon plan gribouillé, si brouillon que les interprètes m'ont donné en lieu de paradis la ville de marseille la poubelle.
mais hier, j'ai discuté avec pierre livet, homme que je prends pour un humble génie contemporain, et cette rencontre dinatoire m'a revigorée. il existe des gens bien sur terre, autres que mon homme, et cela rassure le bas peuple que je suis.
pour rester rassurée, ne pensons pas à la politique.
pourtant marseille ne change guère et offre toujours clochards pouilleux et noirs de crasse dormant au milieu du trottoir, sons de klaxon et de destruction de sols à gogo, policiers qui ne ralentissent pas quand pauvre piéton commence à franchir le passage pour elle conçu, déjà bien engagée mais recule par protection devant le gyrophar éteint fonçant plus vite que la réglementation si sévère de la ville ne l'autorise. puis regarder collègue et problèmes de communication, ignorance et désirs de partage, que faire de plus que tâcher une adaptation quotidienne à un monde dont on sent qu'il n'est pas nécessairement celui qu'on aurait dessiné si, bien au chaud dans le cocon originel on nous avait confié des pastels et un papier waterproof pour s'imaginer une petit maison.
ceux qui connaissent mes compétences en dessin, ici, sourient et pouffent et secouent un popotin joyeux. peut-être finalement est-ce justement dû à mon plan gribouillé, si brouillon que les interprètes m'ont donné en lieu de paradis la ville de marseille la poubelle.
mais hier, j'ai discuté avec pierre livet, homme que je prends pour un humble génie contemporain, et cette rencontre dinatoire m'a revigorée. il existe des gens bien sur terre, autres que mon homme, et cela rassure le bas peuple que je suis.
pour rester rassurée, ne pensons pas à la politique.
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